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Fondée par des patients, l’association a pour but de créer un réseau regroupant des personnes atteintes de maladies reconnues comme susceptibles de réagir favorablement à la prise de cannabis et en en faisant usage


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Vous êtes atteint d’une maladie et le cannabis vous apporte une solution thérapeutique , votre témoignage peut être utile pour le corps médical et contribuer à faire évoluer les mentalités concernant le cannabis médical.

Témoignage Jean-Pierre

Je suis tombé raide dingue du cannabis au fur et à mesure que je découvrais ses multiples usages et j’ai cru à ses vertus thérapeutiques, non pas le jour de 1994 où j’ai croisé James Burton, un américain obligé de s’exiler à Amsterdam pour pouvoir se soigner d’un glaucome. Non ! J’y ai cru pour de vrai le jour où nous avons reçu au Circ, association dont j’étais le président, des appels au secours poignants de personnes qui avaient remplacé, parfois sur les conseils de leur médecin, des médicaments aux effets secondaires terribles par le cannabis, mais qui galéraient pour s’approvisionner.

Que le cannabis soit une plante médicinale, je n’en doute plus aujourd’hui, et ce bien avant que je chope un cancer, parce que lorsque tu fumes tous les jours depuis 40 ans, c’est pas pour faire jeun’s ou faire le malin, mais parce que le cannabis calme tes nerfs endoloris, t’aide à supporter le quotidien et te procure un plaisir à jamais renouvelé.

Je m’égare. A un moment où je ne m’y attendais vraiment pas – mais qui s’attend à « ça » – j’apprends donc que j’ai un cancer de la vessie, conséquence de mon tabagisme intensif, un cancer de grade trois, autant dire la grande classe !

Je le prends avec un calme teinté de fatalisme qui m’étonne et j’entreprends aussitôt une chimio de choc en quatre épisodes. Je perds mes cheveux que je rase illico, mais je ne perds pas l’appétit ce que j’attribue à ma consommation de cannabis. Le mieux, me dis-je, c’est de faire comme si de rien n’était, mais je n’aurais jamais dû revenir de l’hôpital en métro après ma quatrième injection.

Quelques jours plus tard, je me meurs. Je n’ai plus de défenses immunitaires et me retrouve à l’hôpital dans une chambre stérile avec des tuyaux partout et une conscience altérée. Oh Chic ! On me propose de la morphine pour supporter la douleur et planer avec les anges. Au lieu de ça, je cauchemarde, je confonds le jour et la nuit, des cauchemars qui s’estompent lorsque je renonce à la morphine et la remplace par un peu d’huile (merci l’ami) badigeonné en douce sur un sucre que je prends avant de m’endormir.

Remis tant bien que mal sur pied, ma tumeur ratiboisée par la chimio, le moment est venu d’enlever ma vessie et d’en rafistoler une autre avec un bout de mon intestin, une perspective que j’accepte avec le sourire… C’est pas banal une vessie en peau d’intestin, non ?

Quelques semaines plus tard (le 13 juillet 2013 pour être exact) me voilà de retour à la maison où m’attend ma compagne. Je suis en piteux état, je me traîne lamentablement et me souviens avoir monté les dix marches d’escaliers qui me sépare de mon appartement à quatre pattes.

L’amour de ma copine et le ciel immensément bleu, ma terrasse et ses plantes langoureuses ont sans doute contribué largement à mon rétablissement, mais mon cher cannabis, que ce soit sous sa forme naturelle ou en gélules, a lui aussi joué un grand rôle, ne serait-ce parce qu’il me met de bonne humeur et créé une distance ironique avec la réalité.

Après avoir été, un peu à l’insu de mon plein gré et même si j’assume pleinement, le chef de file de la légalisation du cannabis récréatif, me voilà simple militant au sein de Principes Actifs dont je partage, là aussi pleinement, la philosophie.

J’ai été amené à côtoyer nombre d’entre vous avant la création de Principes Actifs ou lors de la dernière assemblée générale. Ce qui m’a séduit à Principes Actifs, c’est bien évidemment l’engagement théorique et pratique des uns et des autres, mais aussi, et avant tout, la solidarité et le partage qui vous animent et qui désormais m’unit à vous.

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Témoignage de Sarah

Témoignage de Sarah du collectif Principes Actifs.

Évoquer le cannabis, pour moi aujourd’hui, passe forcément par la maladie puisqu’il joue un rôle non négligeable !
La sclérose en Plaques c’est ce qu’on m’a annoncé à 36 ans.
Une maladie dont on se sait pas d’où elle vient et qu’on ne guérit pas encore.
La maladie est synonyme de souffrance morale avec perte de confiance en soi et aussi souffrance physique : fatigue chronique, insomnie, dépression toujours latente, active parfois … Et les douleurs !
Sur les douleurs physiques j’ai accepté de l’aide, pas pu faire autrement.
La douleur, elle est lancinante, rythmée, c’est un gouffre, c’est noir, ça torture, je me sens  seule et lors de crises aiguës, les angoisses sont plus fortes.
Un jour, les Urgences et les médicaments usuels… Retour maison, j’augmente les prises, ça me met hors réalité ; ce n’est pas une vie d’être amorphe, ni pour soi ni pour ceux qui vous entourent.

Il y a quelques mois j’ai appris l’existence du Sativex. Je connais le cannabis, j’ai testé en soirée, j’ai même été vers lui au début de la maladie, instinctivement… Mais la morale, la peur, m’ont empêchée de continuer.
Je m’aperçois vite que le Sativex n’est pas autorisé en France. Alors qu’en Espagne, en Allemagne, en Grande-Bretagne , en Suisse , au Canada aussi il est autorisé … Merde j’ai une sclérose, mais je vis en France. Ce n’est donc pas pour moi.
La bataille encore …
J’en parle à mon médecin et mon étiopathe, tous deux disent que oui le cannabis agit sur les douleurs, à moi de voir entre le Rivotril ou le cannabis.
Deux médecins qui me disent cela : je veux tenter.
Des amis belges me trouvent de quoi essayer avec un objectif thérapeutique.
J’essaye en étant très claire dans ma tête ; je le prends pour me faire du bien en tant que sclérosée, pour faire taire mes douleurs… Cela détend vite et cette détente influe directement sur la douleur. Et quel bonheur immédiat, moralement aussi !
Oui ça me fait du bien, ça me soulage.  La douleur ne disparaît pas mais elle passe de 7 à 1 sur une échelle de 10, la vie devient plus facile.
Après plusieurs semaines, Je me suis sentie plus vivante, aimante et aimable aussi.
Mais je n’avais plus de Cannabis. J’en parle autour de moi et je rentre en contact avec une personne qui se soigne par le cannabis, qui se bat pour que le cannabis thérapeutique soit reconnu en France, et qui fait partie d’un collectif de malades soulageant leur douleur avec du Cannabis.
Ce jeune collectif « Principes actifs » me confirme que le Sativex en France est interdit et m’informe qu’il serait bien de demander un courrier à mon médecin attestant que le Cannabis me fait du bien, que cela pouvait être utile en cas d’ ennuis avec les autorités.
J’ai raconté, puis échangé avec mon médecin, qui m’a fait cette attestation très simplement comme une évidence.
Quand je n’ai plus eu de ce cannabis, j’ai dû me résoudre à en chercher. Direction Amsterdam avec le stress : c’est illégal.
Le cannabis me soulage mais j’attends autour de moi une compréhension, une prise de conscience. Le cannabis réveille des « à priori » tellement ancrés ! Je vois bien que je dérange un peu, que certains doutent malgré mes informations officielles sur l’existence d’un médicament reconnu par des pays voisins européens.

Le refus de mise  sur le marché français de ce médicament pour les personnes atteintes comme moi de sclérose en plaque, de cancers ou d’autres maladies est de la non assistance à personne en danger.

En quoi est-ce dérangeant que les malades soulagent leur douleur en ayant une qualité de vie améliorée?

Je terminerai par les propos de mon père atteint d’un cancer de la moelle épinière, qui a été sous morphine pour la douleur et qui à la question que je lui posais, a répondu :
« Papa la morphine est un médicament à base d’opium, ça a été un médicament à une autre époque puis il a été interdit et considéré comme une drogue dangereuse, puis à nouveau  autorisé. Qu’aurais-tu fais si tu n’avais pas eu accès à cette médication parce que c’était interdit ? »
Il m’a répondu : « Si cela avait été interdit, j’aurais tout fait pour m’en procurer tant la douleur était insupportable. »
Je me suis sentie comprise sans avoir à lui parler du cannabis thérapeutique !

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