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Fondée par des patients, l’association a pour but de créer un réseau regroupant des personnes atteintes de maladies reconnues comme susceptibles de réagir favorablement à la prise de cannabis et en en faisant usage


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Vous êtes atteint d’une maladie et le cannabis vous apporte une solution thérapeutique , votre témoignage peut être utile pour le corps médical et contribuer à faire évoluer les mentalités concernant le cannabis médical.

Témoignage Fabienne

Je m ‘appelle Fabienne Lopez, j’ai 56 ans.

En 2008, j’ai du me faire opérer d’une tumeur cancéreuse au sein droit.

Je connaissais les vertus thérapeutiques du cannabis pour m’y être tout simplement intéressée et lorsque j’ai commencé les séances de radiothérapie (rayons), j’ai fumé du cannabis juste avant les séances, cela me détendait. J’allais dans les jardins de l’hôpital fumer un petit joint, cela me relaxait et me permettait de les supporter surtout moralement.

Mon cancérologue ainsi que le spécialiste et mon médecin-traitant étaient informés de mon usage. Tout le personnel soignant avec qui j’ai été en contact a été informé de mon usage et personne ne m’a fait de réflexion négative sur cette usage, hormis le fait de le fumer.

J’ai compris très rapidement que l’effet anti dépresseur du cannabis fonctionnait parfaitement et m’empêchait de déprimer. Les séances quotidiennes, même si elles étaient rapides, étaient pénibles de par le lieu (l’hôpital et les malades que je pouvais y croiser qui étaient plus atteints que moi), l’attente quand la machine était en panne, le lieu tout simplement.

Après les rayons, j’ai commencé le traitement. J’ai compris que ce traitement n’était pas anodin et pourquoi les spécialistes et mon médecin traitant me proposaient des anti dépresseurs.

Après 3 mois de traitement, de douleurs osseuses, musculaires (la nuit), j’ai pris des médicaments pour soulager ces douleurs, qui ne calmaient pas grand-chose d’ailleurs.

J’ai vécu deux ans et demi à être réveillée toutes les nuits. J’arrivais à calmer les douleurs en consommant du cannabis. J’avais aussi des nausées et quelques fois des vertiges et j’ai fait des allergies à certains des traitements qui ont été remplacés par d’autres.

 J’ai dit à mon médecin traitant que cette situation était de plus en plus déprimante et que je préférais arrêter tous les médicaments (5 à 6) qui étaient supposés me faire du bien et qui me donnaient l’impression de m’empoisonner tous les jours un peu plus, mais évidemment garder celui qui me préserve de toutes récidives. J’ai prévenu mon cancérologue qui a juste insisté sur le fait de ne pas interrompre le traitement principal.

J’ai continué à faire usage de cannabis sous sa forme naturelle. J’ai compris qu’en fonction des variétés j’avais plus d’appétit, un meilleur sommeil, et moins de douleurs. Je me suis renseignée et j’ai essayé de choisir des variétés qui convenaient aux effets que je recherchais et les moyens de ne plus le fumer mais vaporiser.

Je suis suivie régulièrement par mes médecins et le cancérologue, cela fait maintenant 4 ans.

Je tiens à préciser que j’ai exercé mon activité professionnelle pendant toute cette période et que pour ne pas avoir à aller en acheter n’importe où, j’ai jardiné en me faisant aider par des ami(e)s bien portants. Cela m’a aussi fait du bien de m’occuper de mes plantes.

Je me suis aussi intéressée à savoir si, dans ce que l’on appelle la phytothérapie, je pouvais compenser les manques de certains des médicaments (apport en calcium, etc)… et je communique avec mon médecin traitant qui me dit si je fais des erreurs ou pas.

Mon cancérologue ne m’aide pas à ce niveau là, ce n’est plus son domaine. En France, on gère la maladie pas le malade. C’est la maladie à vaincre qui compte et pas du tout le ressenti du malade, c’est très dur à vivre.

 Les effets du cannabis m’ont permis de reprendre du poids, de supporter les quelques douleurs qui résistaient encore, de dormir et surtout de garder le moral.

Voir l’attestation médicale

Témoignage Michaël

On m’a diagnostiqué une spondylarthrite ankylosante à l’âge de 51 ans.

Maladie génétique, auto-immune, qui paralyse par des poussées inflammatoires les zones du bassin, du rachis et des hanches.

Mais depuis l’adolescence, en l’absence de ce diagnostic, j’ai été soigné pour des pathologies courantes : lombalgie, hernie, sciatique, arthrose…

Donc j’ai eu droit à toutes sortes de traitements : anti-inflammatoire, décontractant, infiltration, nucléolyse…

Bref au bout de 20 années, avec toutes ces substances ingérées, j’ai commencé à développer une hépatite médicamenteuse. L’organisme était saturé.

Dès lors, les traitements étaient pris en dernier recours malgré des douleurs plus intenses et plus fréquentes. Ainsi, de jour comme de nuit, il m’était impossible de rester trop longtemps statique, que ce soit debout, assis ou couché. Les nuits étaient compliquées et courtes. J’ai dû aussi m’équiper de béquilles. A cette époque, les médecins s’accordaient à dire que cela était de l’arthrose et qu’il n’y avait pas grand chose à faire. Bref, le moral était au plus bas.

C’est en apprenant que des cas de spondylarthrite s’étaient avérés dans mon milieu familial que j’ai décidé de faire le test génétique. Le résultat étant positif, j’ai été pris en charge par un rhumato.

Dans la même période, à la lecture de témoignages de malades et d’articles, j’avais mis en pratique quelques conseils : yoga, stimulation électro, jeûne intermittent, choix des aliments…et les cannabinoïdes. Nous y voilà enfin…

Le cannabis m’a permis de reconquérir une bonne partie de mes nuits.

Si les vertus de la plante ne font pas l’unanimité en termes médicaux, le repos assurément oui. Seulement cela avait un coup financier et puis j’ai toujours eu la main verte, donc j’ai franchi le pas (ne voulant pas alimenter une économie parallèle).

Par la suite, j’ai réussi à avoir un traitement biothérapie qui fait des miracles, en tous cas le jour, mais que je complète avec mon “herbe” du soir, laquelle m’assure par ses effets anti-inflammatoires et somatiques une bonne nuit de sommeil.

Ainsi, cela fait 3 ans que j’ai retrouvé une vie à peu près normale (car la maladie progresse). Je dois pourtant faire très attention à mon système digestif qui garde un mauvais souvenir de ces années de médicamentation. Je dois faire aussi attention aux virus qui courent car mon traitement abaisse mon immunité et enfin, c’est pourquoi je témoigne, je dois à présent faire très attention aux contrôles de gendarmerie car même si je vapote mon remède seulement le soir avant de me coucher, quelques traces de THC peuvent changer le cours d’une vie…et c’est angoissant, disproportionné et marginalisant comme la maladie.