Quelque chose ne tourne vraiment pas rond dans l’évaluation des teneurs en composants actifs du cannabis!

Créé le jeudi 21 novembre 2013 21:00 | Écrit par Mario Lap

Introduction

Je vais vous parler de la proposition visant à classer comme une drogue dure le cannabis (haschisch et herbe) contenant plus de 15% de THC [1].

Cette proposition est seulement fondée sur le seul rapport Garretsen (2013) [2], stipulant pourtant explicitement qu’il n’y a aucune preuve qu’un cannabis plus puissant entraîne davantage de problèmes. Une seule étude, britannique, affirme que c’est le cas [3].

Limiter à 15% la teneur en THC n’a rien de judicieux aux yeux de la plupart des spécialistes du champ de l’addiction et des scientifiques néerlandais, de Jelinek [4] au professeur Wim van Brink de l’Academisch Medisch Centrum (AMC) [5].

Pour beaucoup, l’introduction d’un maximum de 15% est un coup de boutoir porté aux fondements et aux succès de la politique de tolérance néerlandaise, en particulier concernant la séparation des marchés des drogues. Je suis convaincu qu’il s’agit-là d’un grand danger bien réel.

Le rapport Garretsen est également truffé d’erreurs d’interprétation et de méthodologie, comme l’évaluation ou le référencement des taux de THC, qui n’ont pas encore été prises en compte. Pour cela, il suffit d’examiner les analyses belges des mêmes variétés d’herbe et de hash que celles vendues aux Pays-Bas. Inférieures de 30-40% pour toutes les variétés[6], leurs teneurs en THC ont amené le gouvernement belge à conclure que ces produits n’étaient pas plus dangereux qu’auparavant.

Dès lors, comment le gouvernement néerlandais et le rapport Garretsen peuvent-ils affirmer que l’herbe et le haschich vendus dans les coffeeshops du pays sont devenus beaucoup plus puissants et devraient donc être considérés comme une drogue dure ?

La raison est simple et révèle une absence choquante de rigueur scientifique dans le rapport, et par conséquent de fondement de la proposition. Tous deux semblent en outre ne pas être fondés sur une connaissance poussée du cannabis. Si la déclaration d’investiture du gouvernement ( ?) prévoyait la quantification des composants actifs du cannabis, le rapport et la proposition n’évoquent que le THC, comme s’il s’agissait de l’unique composant actif. En d’autres mots, le cannabis est observé de manière simpliste et erronée à travers les lunettes de l’alcoologie. Cela démontre bien le peu de connaissances approfondies dont disposent actuellement les différents organismes et décideurs concernés par le cannabis.

Enfin, je voudrais insister sur l’appellation « drogue dure », un terme de la rue désignant la classification légale de « substance psychotrope présentant des risques inacceptables pour la santé ».

1) Analyses et méthodes d’analyse des produits du cannabis [7]

Les méthodes les plus connues pour déterminer les composants du cannabis sont les suivantes :

– La chromatographie en phase gazeuse (CPG)

– La chromatographie en phase liquide à haute performance (CLHP)

– La chromatographie sur couche mince (CCM)

– La spectroscopie par résonance magnétique nucléaire (RMN 1H)

Si la plupart des laboratoires utilisent la CLHP, d’importantes questions demeurent malgré le fait qu’elle soit utilisée depuis des années par des laboratoires différents et la possibilité de pouvoir comparer leurs résultats. Ces derniers sont en effet tout sauf clairs et soulèvent de sérieux doutes sur leur fiabilité.

Envoyez les mêmes échantillons, issus d’un même lot de cannabis, à trois laboratoires différents pour les analyser par CLHP, et vous aurez trois résultats différents. Une constatation d’autant plus flagrante quand ces analyses ont été pratiquées par différents laboratoires au fil des ans.

C’est la seule manière d’expliquer que les résultats des tests effectués par le belge BEWSD, l’organisation sœur du Trimbos Institute néerlandais [8], soient si différents et que les taux de THC y soient structurellement inférieurs.

Exactement les mêmes variétés d’herbe et de hash sont donc considérées comme beaucoup moins puissantes et « dangereuses » par les Belges que par les Néerlandais. La méthode belge est-elle de meilleure qualité et plus fiable que celle des Néerlandais, ou vice versa ? Qui sait ? À mon avis, on ignore encore la réponse à cette question.

D’où tout l’intérêt de tester plusieurs échantillons dans un laboratoire utilisant les diverses méthodes et protocoles, et de comparer les résultats. Peut-être pourrions-nous enfin dire quelque chose de significatif sur la teneur réelle du cannabis en THC alors que les pratiques actuelles soulèvent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses. Évidemment, une attention particulière doit être portée à la méthode d’échantillonnage et aux protocoles employés.

Aux dires de la proposition de modification règlementaire, il serait bénéfique d’introduire un taux maximum de 15% bien que cela ne s’appuie sur aucune base scientifique ou risque communément admis pour la santé publique.

Qu’est-ce qui motive vraiment cette proposition ? On ne peut que le deviner, j’essayerai d’y répondre dans mes conclusions.

2) Le cannabis et ses composants actifs [9]

Le cannabis et ses produits dérivés contiennent des composants actifs ou cannabinoïdes. La puissance du cannabis n’est pas seulement due à sa teneur en THC, mais plutôt au rapport entre le THC et une multitude d’autres cannabinoïdes. On a également montré que la quantité et le type de terpènes et de flavonoïdes présents avaient un impact sur la puissance et la qualité perçues du cannabis.

THC : tétrahydrocannabinol

CBD : cannabidiol

CBN : cannabinol

CBG : cannabigérol

CBC : cannabichromène

CBL : cannabicyclol

CBV : cannabivarine

THCV : tétrahydrocannabivarine

CBDV : cannabidivarine

CBCV : cannabichromévarine

CBGV : cannabigérovarine

CBGM : cannabigérol mono-méthyl-éther

Demander à un groupe d’usagers de cannabis expérimentés de tester différentes variétés donne généralement des résultats étonnants qui ne correspondent pas à ce qu’on pourrait attendre sur la seule base de la teneur en THC.

Disponible sur ordonnance sous le nom de « Bedrocan » aux Pays-Bas, la variété « Jack Herer », par exemple, contient environ 19% de THC selon le fabricant et le ministère néerlandais de la Santé. La plupart des consommateurs la perçoivent cependant comme moins forte que la « White Widow », une variété courante de cannabis illégal néerlandais à environ 16%, voire que certaines autres variétés à 9-15%.

Il est donc absurde de juger de la puissance ou de la faiblesse du cannabis sur sa seule teneur en THC. Le cannabis est plus complexe que l’alcool, pour lequel l’indication d’un pourcentage d’alcool suffit à décrire la puissance du produit.

Le CDB, par exemple, un cannabinoïde à l’effet apaisant présent en concentrations supérieures dans le haschisch importé, joue un rôle fondamental. De nombreux consommateurs, en particulier les plus âgés, trouvent ces produits plus agréables (plus « stoned » que « high »), vérifiant ainsi l’hypothèse d’un lien de causalité du taux élevé en CBD.

Toutefois, la teneur en THCV est également importante en raison de son influence sur les effets (puissance et puissance ressentie) du THC.

La seule teneur en THC (>15%) ne fournissant pas suffisamment d’informations, il semble totalement injustifié de considérer la variété médicale « Bedrocan » à 19%, par exemple, comme une « drogue dure ».

Les vraies habitudes de consommation du cannabis aux Pays-Bas et dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest (dans des joints contenant un mélange de tabac et plus ou moins de hash ou d’herbe) constituent un argument encore plus important contre le maximum de 15%. Avec des produits moins puissants, il faut s’attendre à ce que le consommateur fume davantage de joints, donc plus de tabac, ce qui ne peut être souhaitable compte tenu de ses conséquences néfastes sur la santé. Connaissant ce problème, Mme le Dr Els Borst (libérale), l’ancien ministre de la Santé, avait donc – parmi d’autres raisons – rejeté l’instauration d’une limitation du cannabis par un taux maximal de THC. Aucun nouvel argument n’est venu réfuter les siens et certains pourraient même arguer qu’un cannabis plus puissant est meilleur pour la santé publique puisqu’on fume moins de tabac.

3) Drogues dures vs douces [11]

La distinction entre drogues douces (stupéfiants aux risques tolérables, selon le gouvernement néerlandais) et drogues dures (stupéfiants aux risques inacceptables, selon les mêmes autorités) a été introduite aux Pays-Bas en 1976, avec la modification de la loi sur les stupéfiants. Un changement essentiellement fondé sur deux rapports, « Freedom in drug policy » (rapport Hulsman, 1971) [12] et « Backgrounds and risks of drug use » (rapport Baan, 1972) [13].

Quand la notion de drogues douces a été introduite, ce qu’on trouvait sur le marché néerlandais était 100% importé et se composait principalement de haschisch [14]. Aucune herbe ou haschisch ne provenait du sol néerlandais. Au début des années 1990, l’arrivée de la Nederwiet (cannabis local) se substituant aux importations a transformé le marché, passé de 100% importé à environ 80-90% de produits issus de la production locale. Les variétés disponibles en 1976 au moment de la modification de l’Opium Act (Afghan, Népalais, Indien et Libanais) étaient souvent perçues de puissantes à très puissantes. Néanmoins, les mesures des taux de THC réalisées à l’époque [15]peuvent difficilement être comparées à celles d’aujourd’hui (voir 1, « Analyses et méthodes »). Les teneurs en THC signalées alors atteignaient pourtant 19%.

Cette distinction entre drogues douces et drogues dures s’appuyait donc sur des drogues douces qui devraient d’après le rapport Garretsen et la proposition du gouvernement être considérées comme des drogues dures. De récentes découvertes sur les risques du THC [16] auraient éventuellement pu la justifier. Cependant, selon les normes généralement acceptées, la toxicité du THC est toujours très faible, il n’y a aucun cas connu d’overdose mortelle.

Le Marinol/dronabinol [17] est un médicament prescrit aux États-Unis et en Allemagne aux malades du sida et aux patients souffrant de nausées (chimiothérapie, par exemple). Contenant de fait 100% de THC, ce médicament devrait donc être considéré comme une drogue dure selon le rapport Garretsen [18], contrairement à un rapport de l’OMS sur ce sujet.

Cette hypothèse correspond-elle à la réalité ? Peut-être, si le Marinol (THC pur) était perçu comme plus fort que le cannabis disponible sur le marché. Mais cela ne semble pas du tout être le cas [19]. Le THC pur est généralement perçu comme ennuyeux et peu attrayant et en tout cas, pas plus puissant que les produits du cannabis offerts dans les coffeeshops.

Explorons donc les raisons qui pourraient justifier d’adopter cette proposition de limitation à 15%. Un nombre plus important de gens ont-ils rencontré davantage de difficultés avec du cannabis contenant plus de 15% de THC qu’avec un cannabis à un taux inférieur ? Les teneurs en THC ont-elles augmenté dans un passé récent ?

À l’exception de l’étude britannique de De Fiori précédemment mentionnée, aucune étude scientifique n’affirme actuellement qu’un cannabis plus puissant entraîne plus de problèmes, plus importants. Des commentaires substantiels devraient être ajoutés au rapport, qui n’a rien de scientifique [20].

La légère augmentation du nombre de personnes cherchant de l’aide pour des problèmes de cannabis aux Pays-Bas semble plutôt résulter de l’accroissement de l’aide disponible et de la familiarité avec le sujet, que d’une teneur accrue en THC [21].

La Nederwiet (herbe produite aux Pays-Bas) a commencé à se développer à la fin des années 1980, mais surtout dans les années 1990. Auparavant, le cannabis néerlandais était à peine assez bon pour la consommation. À la fin des années 1980, plusieurs variétés de cannabis néerlandais perfectionnées par des croisements furent introduites sur le marché qu’elles dominent largement aujourd’hui. Les produits locaux se sont substitués aux importations, ce qui est assez exceptionnel.

Il ne semble pas que la puissance de cette Nederwiet ait réellement augmenté au cours de ces dernières années (2001-2012), elle semble au contraire se stabiliser, voire s’ajuster légèrement à la baisse [22]. Selon le Trimbos Institute, la teneur en THC oscille depuis des années entre 15% et 18%. Étonnamment, presque toutes les variétés de cannabis disponibles (>15%) devraient conformément à la proposition être considérées comme une drogue dure. Même s’il était justifié et/ou nécessaire de fixer un standard, un taux de THC à 15% serait certainement trop bas, compte tenu des méthodes actuelles d’évaluation aux Pays-Bas.

4) Mise en œuvre, application et impact attendu sur la séparation des marchés

Si cette proposition règlementaire devient effective, comment les coffeeshops vendant du cannabis feraient-ils pour l’appliquer ? La teneur en THC du cannabis qui leur est proposée devrait alors être mesurée à leur « backdoor » (Ndt : terme désignant le système d’approvisionnement clandestin des coffeshops).

En conséquence, les coffeeshops devraient travailler avec des laboratoires pour mesurer le taux de THC des produits dérivés du cannabis qu’ils acquièrent. Impossible avec la législation en vigueur :les actions d’un laboratoire y participant constitueraient une infraction pénale.

Les autorités répressives, en particulier la police, peuvent-elles faire appliquer cette limitation ? Les enquêteurs seront-ils dotés de matériel fiable et de méthodes d’analyse pour tester le cannabis dans les coffeeshops ? Ou pourront-ils prélever des échantillons et pratiquer les tests avec l’aide d’un laboratoire ? Ces échantillons seront-ils dès lors représentatifs de la totalité du lot de cette variété ? Des compétences et des ressources sont-elles disponibles à cette fin ? La réponse à toutes ces questions est claire et sans ambiguïté : non !

Un effet prévisible important doit être pris en compte dans ce contexte : l’impact qu’aurait une telle mesure sur la séparation des marchés et sur le rapport entre commerce de rue et coffeeshops. Voir à ce sujet l’accroissement du deal de rue dans les villes où « l’expérience de la politique du Wietpas » a été mise en place.

Si les consommateurs potentiels ne peuvent plus acheter dans les coffeeshops les produits du cannabis qu’ils désirent, ils essayeront vraisemblablement d’en obtenir d’une autre manière, probablement avec succès auprès des dealers de rue ou d’appartement.

Ce qui générera une pression inacceptable sur la séparation des marchés, donc sur la pierre angulaire de la politique néerlandaise des drogues, basée sur le fait que les dealers de rue vendent aussi d’autres drogues (réellement dures).

Curieusement, le rapport Garretsen fait référence à ce réel danger, sans spécifier ce qui pourrait être fait à ce sujet.

Instaurer un maximum de 15% de THC reviendrait donc à jeter le bébé avec l’eau du bain.

5) Conclusion

Lors de sa prise de fonctions, le gouvernement actuel a estimé qu’il fallait établir une teneur maximale en composants actifs, sans mentionner de teneur minimale en THC ou CBD. Cette décision (jusqu’à 15% de THC) réduit donc à tort au seul THC tous les composants actifs du cannabis.

Même s’il précise dans sa lettre d’accompagnement que davantage de recherches sont réellement nécessaires, pourquoi le gouvernement introduit-il une norme de 15% contre l’avis de la plupart des experts ? Et par exemple, aucune teneur minimale en CBD (psychose, inflammation) ?

Difficile de répondre car d’un point de vue rationnel, cette décision n’est guère plus qu’un zeste d’étrangeté faisant fi des conséquences.

Elle est pourtant dans la droite ligne de l’échec du « Wietpas ». À moins qu’il existe une sorte de plan secret pour fermer tous les coffeeshops et placer le commerce de détail des produits dérivés du cannabis dans les mains de dealers de rue et de criminels, prenant en compte toutes les conséquences ? Pour faire une sorte de raccourci, cela constituerait la fin de la politique néerlandaise de tolérance et de séparation des marchés.

Place n’est donc qu’à la surprise face à ces actions infondées et incompréhensibles, dont on peut déjà prédire qu’elles auront obligatoirement des conséquences désastreuses et qu’elles seront extrêmement contreproductives. Et ceci, sans le moindre argument raisonnable en termes de santé publique ou de lutte contre la criminalité. Bien au contraire.

Le consommateur ayant désormais droit à une information sur les produits, il serait, à mon humble avis, plus avisé que l’emballage du cannabis comporte au moins un indicateur de qualité. « Fort », « Moyen » et « Normal », par exemple, ou mieux encore, une indication sur les teneurs en THC, CBD et d’autres cannabinoïdes. Cela reste toutefois difficile à mettre en œuvre, compte tenu de la législation actuelle et du système de la « backdoor ».

Une teneur maximale en THC qui ne peut être mise en œuvre, gérée ou contrôlée, ne peut être perçue que comme un geste politique dangereux de la part de politiciens qui n’ont apparemment aucune idée de ce dont ils parlent et encore moins des conséquences.

Je plaide donc pour un examen approfondi du cannabis et de ses composants actifs pour mieux comprendre sa puissance et d’autres aspects, pas pour la mise en place de systèmes insensés sans fondement scientifique ou sans rapport avec la réalité.

Mario Lap

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[1] //www.drugsinfo.nl/index.cfm?act=drugsabc.tonen&artid=9171B18E-7063-4A5E-B123-07049F13B5C9&cat=DAC03948-EE1F-4880-8CA5-168A9B33767B
[2] //www.rijksoverheid.nl/documenten-en-publicaties/rapporten/2011/06/27/rapport-drugs-in-lijsten.html
[3] High potency cannabis and the risk of psychosis, Di Forti et al., 2009.
[4] //www.jellinek.nl/vraag-antwoord/alcohol-drugs/cannabis/cannabis-beleid/welke-argumenten-zijn-er-om-sterke-wiet-als-harddrug-te-beschouwen/
[5] //www.voc-nederland.org/2011/06/honende-reacties-op-cannabis-advies-commissie-garretsen/
[6]//www.hln.be/hln/nl/957/Binnenland/article/detail/1525480/2012/10/29/Onkelinx-Cannabis-en-hasj-worden-niet-gevaarlijker.dhtml
[7] //www.thctestkits.com/Lab%20testing.htm#labtesting
[8] //ewsd.wiv-isp.be/default.aspx
[9] //www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10826070500187558 &
//www.drugtext.org/Cannabis-marijuana-hashisch/an-evaluation-of-the-quality-of-medicinal-grade-cannabis-in-the-netherlands.html
//en.wikipedia.org/wiki/Cannabinoid
//ambulantisering.nl/~/media/Nieuws%20en%20Persberichten/AF1148%20THC%20concentraties%202012.ashx
[10] //www.bedrocan.nl/producten/bedrocan.html[11] //www.rijksoverheid.nl/onderwerpen/drugs/vraag-en-antwoord/wat-verstaat-de-wet-onder-softdrugs-en-harddrugs.html
//nl.wikipedia.org/wiki/Harddrug

//thesaurus.politieacademie.nl/Thesaurus/Term/4972
[12] //www.drugtext.nl/Overheids-en-adviescommissies/hulsmanrapport.html[13]//www.drugtext.nl/Overheids-en-adviescommissies/achtergronden-en-risicos-van-druggebruik.html
[14] //www.youtube.com/watch?v=RYhvSC7Kx5w[15] Rapport Baan
[16] //en.wikipedia.org/wiki/Effects_oùf_cannabis
[17]//www.apotheek.nl/Medische_informatie/Medicijnen/Producten/Marinol.aspx?mId=10704&rId=1234
//en.wikipedia.org/wiki/Tetrahydrocannabinol
[18] //www.who.int/substance_abuse/right_committee/en/index.html
[19] //www.msweb.nl/complementair/alternatieve-middelen/914[20] Less THC, more public health, Peter Cohen, 2012
[21] Professor Wim van den Brink, hoogleraar verslavingszorg AMC/UvA, in een interview met het Eindhovens Dagblad van 25 juni 2011
[22] //www.trimbos.nl/nieuws/trimbos-nieuws/thc-gehalte-nederwiet-nauwelijks-veranderd

 Source : Cannabistext

Auteur: netprauxprin

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