Cannabis pour fins thérapeutiques L’Association médicale canadienne dénonce les nouvelles règles

Agence QMI

L’Association médicale canadienne (AMC) a déploré l’intention dugouvernement fédéral de modifier les règles de production du cannabis pour des fins thérapeutiques, l’accusant de «rejeter la responsabilité de la marijuana médicale sur les médecins».

La ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a annoncé dimanche son intention de retirer Santé Canada du processus de distribution du cannabis, d’en confier la production à plusieurs producteurs autorisés et d’en interdire la culture à domicile.

«Le règlement actuel sur l’accès à la marijuana à des fins médicales donne lieu à des abus, a déclaré la ministre Aglukkaq. Des représentants d’organismes d’application de la loi, de services d’incendie et de municipalités nous ont expliqué comment des gens profitent de ce règlement pour mener des activités illégales et mettre la santé et la sécurité des Canadiens à risque. Il sera beaucoup plus difficile de déjouer le système avec les changements prévus.»

À l’heure actuelle, Santé Canada distribue directement la marijuana aux patients en s’approvisionnant auprès d’une seule entreprise, Prairie Plant Systems. Avec la réforme, l’organisme fédéral se retirera complètement du processus, laissant aux médecins la responsabilité de prescrire le cannabis aux patients.

De plus, les 20 000 Canadiens qui ont reçu l’autorisation de produire du cannabis à domicile perdront ce droit selon les nouvelles règles décrétées par le gouvernement. Celles-ci doivent entrer en vigueur en 2014.

Dans un communiqué, l’AMC a dénoncé cette décision «qui omet de faire passer les patients en premier et qui rejette sur les médecins la tâche de gérer une substance pharmacologique à l’égard de laquelle il existe très peu de données cliniques».

«Non seulement la prescription de drogues qui n’ont pas été soumises à des tests cliniques est-elle contraire à la formation et à l’éthique médicales, mais les avantages éventuels ou les effets secondaires de la marijuana n’ont pas été vérifiés par des tests rigoureux, a déploré la Dre Anna Reid. J’ai vu des adolescents chez qui la marihuana a provoqué une psychose.»

De son côté, la Société pour l’accès au cannabis médical (SACM) a accueilli plutôt favorablement les nouveaux règlements sur l’accès au cannabis à des fins médicales.

La SACM, qui a pignon sur rue à Montréal, a accueilli plutôt favorablement ces modifications, énonçant tout de même certaines réserves.

«Santé Canada a considéré la grande majorité de nos conseils, a dit Adam Greenblatt, Directeur général de l’organisme. Par contre, ils ne les ont pas tous retenus, et cela est malheureux pour les patients qui ont droit à un programme qui répond à leurs besoins.»

En plus de regretter la fin du programme de production à domicile, l’organisme craint une flambée des prix, liée à l’entrée du secteur privé.

«La résiliation des licences de production personnelles est particulièrement coercitive en l’absence de couverture des coûts, et surtout dans le contexte des changements récents relatifs au Code criminel, a dit M. Greenblatt. Pour les patients qui font pousser, c’est un pas en avant et deux en arrière.»

La SACM craint aussi une forte réticence de la part des collèges médicaux. Malgré tout, elle dit demeurer «positive».

«Nous assistons à la convergence d’un mouvement de justice sociale fleurissant avec un secteur commercial émergent, a dit M. Greenblatt. Nous avons l’expertise pour aller de l’avant, ça va brasser.»

Le Règlement sur l’accès à la marijuana à des fins médicales est entré en vigueur en 2001.

Avec les modifications prévues, le gouvernement espère offrir un plus grand choix de souches et de fournisseurs, de même qu’un plus grand contrôle de la qualité du produit.

De plus, selon le gouvernement, la fin de la participation de Santé Canada réduirait les coûts du programme, lui permettant d’épargner 478 millions $ en 10 ans.

Le gouvernement a toutefois admis que les prix augmenteront, fort probablement de 1,80$ à 5$ le gramme.

Auteur: netprauxprin

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