
Compte-rendu de l’ANSM (27/01/2026)_PDF.
Cannabis thérapeutique : les points de vigilance avant la généralisation
Le cannabis thérapeutique, actuellement expérimenté auprès d’environ 1 650 patients, devrait être prochainement généralisé. Cette évolution reste toutefois conditionnée à la publication des textes réglementaires nécessaires à son autorisation. Par ailleurs, plusieurs points de vigilance doivent être pris en compte avant un déploiement à plus grande échelle.
Cette expérimentation, lancée en mars 2021, a permis l’inclusion de patients jusqu’à la fin de l’année 2024. Depuis, aucune nouvelle inclusion n’est possible, mais une phase transitoire est en cours jusqu’au 31 mars 2026 afin d’assurer la continuité des traitements pour les patients encore suivis. Le ministère de la Santé a par ailleurs assuré que ces patients pourront continuer à bénéficier de leur traitement au-delà de cette date, jusqu’à la généralisation du dispositif. Une généralisation qui se fait toutefois attendre et qui ne pourra intervenir qu’après la publication de l’ensemble des textes législatifs et réglementaires nécessaires.
« Le but est désormais de préparer la généralisation de l’usage du cannabis médical », indiquent les membres du CSP. Ces derniers rappellent qu’un statut spécifique a été créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 (article 78) : une autorisation d’utilisation temporaire (ATU) dédiée au cannabis médical, délivrée par l’ANSM pour une durée de cinq ans, renouvelable. C’est donc sous ce régime d’ATU que pourrait s’opérer la généralisation du cannabis thérapeutique.
Au 31 juillet 2025, 1 650 patients étaient encore concernés par l’expérimentation. Les principales indications sont les douleurs neuropathiques réfractaires (54 %), la sclérose en plaques (12 %), les épilepsies pharmacorésistantes (10 %), les soins palliatifs et symptômes rebelles en oncologie (8 %), ainsi que les spasticités douloureuses hors sclérose en plaques (4 %).
Sur le plan de la sécurité, les données apparaissent globalement rassurantes, avec un nombre limité d’effets indésirables graves. Depuis le début de l’expérimentation, 90 effets indésirables graves ont été rapportés sur 3 209 patients traités (2,8 %), principalement des troubles neurologiques, psychiatriques et digestifs. Quelques erreurs de dosage ont également été signalées, en lien notamment avec l’utilisation de la pipette (mauvaise lecture des graduations, confusion avec la pipette d’un autre médicament, comme le Laroxyl). « À l’avenir, d’autres formes galéniques, notamment des formes solides de type capsule, pourraient être envisagées afin de limiter ce risque d’erreurs médicamenteuses », précise le CSP.
Enfin, le risque d’addiction apparaît limité, avec un seul cas de trouble de l’usage rapporté à ce stade. Néanmoins, le CSP souligne la nécessité d’une vigilance accrue, notamment chez les patients présentant des comorbidités psychiatriques ou une consommation préalable de cannabis non médical, qui sont plus à risque de développer un trouble de l’usage. Ainsi, « il sera nécessaire de sensibiliser les prescripteurs qui devront identifier les risques de mésusage dès l’initiation du traitement », insiste le CSP. Enfin, le suivi de pharmacovigilance et d’addictovigilance devra être maintenu dans la perspective de la généralisation.
Publié le 28/01/2026







