Malade, il réclame un traitement au cannabis médical à l’hôpital de Besançon

Attentif aux avancées antidouleur, un habitant de Nancray atteint d’une sclérose en plaques espère, depuis mars, l’ouverture d’un centre de traitement au cannabis médical à l’hôpital de Besançon. Il ne voit rien venir et s’en inquiète.

Par Paul-Henri PIOTROWSKY

Jean-Luc Siron espère beaucoup dans les propriétés antidouleur du cannabis médical. Il déplore que l’expérimentation tarde à être lancée à l’hôpital de Besançon. Photo ER/Arnaud CASTAGNÉ

Jean-Luc Siron a souffert des premiers symptômes de la sclérose en plaques (SEP) en 1995. « J’avais déjà eu des signes avant-coureurs, mais des douleurs plus lancinantes sont apparues cette année-là, pour ne plus me quitter. Cela se traduisait par des vertiges, pertes d’équilibre, de l’électricité dans la colonne vertébrale dès que je baissais la tête. Cela a bien sûr empiré, mais pas brutalement. Je suis en effet atteint par une forme primo progressive de cette maladie. »

On m’a répondu qu’il fallait attendre, encore

Le sexagénaire est suivi par le centre antidouleur de l’hôpital Minjoz de Besançon, mais aucun traitement n’est réellement efficace. Un nouvel espoir survient le 26 mars alors qu’il regarde le journal télévisé. « Olivier Véran, le ministre de la Santé, était à l’hôpital de Clermont-Ferrand et annonçait le lancement des centres expérimentaux de traitement au cannabis médical en France. J’ai appelé le CHRU le lendemain et on m’a confirmé l’information en me disant que mon dossier était transmis au neurologue de l’établissement. C’est lui qui sera chargé de mon intégration dans ce programme. »

Lors de son rendez-vous au centre hospitalier le 7 avril dernier, l’enthousiasme retombe. « Je m’étonnais que rien n’ait été mis en place. On m’a alors expliqué que la logistique de l’expérimentation était compliquée, administrativement parlant. On m’a répondu qu’il fallait attendre, encore. Je ne sais pas qui doit prendre la décision d’ouvrir l’expérimentation, sans doute la Direction. J’aimerais savoir ce qui se passe. Normalement, l’essai doit durer deux ans afin que le corps médical ait suffisamment de recul pour juger de l’efficacité des soins. »

Jean-Luc Siron ne sait plus vers qui se tourner pour accélérer les choses. Il estime de toute manière que la France cumule un retard certain dans le développement du cannabis thérapeutique par rapport aux pays anglo-saxons, par exemple. La Direction de l’hôpital de Besançon, contactée mercredi dernier, n’a pas encore répondu à nos sollicitations.

Source : estrepublicain.fr

Auteur: Philippe Sérié

Partager cet article :