
Les autorités de santé fixent un calendrier pour la mise en place du cannabis thérapeutique d’ici 2027 en France. Dans la Somme, Louise, une quinquagénaire qui soigne un cancer du sein et qui affronte la maladie de Charcot Marie-Tooh explique qu’elle fume pour atténuer ses douleurs.
C’est un témoignage rare. Louise, une quinquagénaire de la Somme consomme du cannabis pour atténuer les douleurs que lui causent ses maladies. Elle souffre depuis qu’elle est enfant du syndrome neuro-dégénératif de Charcot Marie-Tooh et poursuit, dans le même temps sa guérison d’un cancer du sein qui s’est déclaré en 2019. Elle fume en toute illégalité, mais les choses pourraient changer à partir de l’an prochain. Un décret sera présenté avant juin pour fixer les conditions d’un usage thérapeutique et encadré du cannabis.
Le diagnostic est tombé quand elle était petite, à l’âge de trois ans. Louise souffre de la maladie de Charcot Marie Tooh qui atrophie et affaiblit ses pieds, ses mains, lui cause des crampes tellement fortes qu’elle se réveille la nuit. Au lycée, elle fume ses premiers joints et s’aperçoit de certains effets. « J’ai eu des amis qui consommaient, donc un peu pour faire pareil que les autres, j’ai commencé à consommer du cannabis. Et j’ai pu constater au bout de quelques mois que les crampes s’estompaient au niveau des mollets, des avant-bras aussi », raconte t-elle.
Un traitement anticancéreux agressif
Mais malgré tout, la maladie évolue. Louise tente de vivre, composer avec mais en 2019 un nouveau couperet tombe. “J’avais une petite grosseur au niveau du sein droit. J’en ai parlé à mon mari qui m’a tout de suite dit d’aller voir le médecin. J’ai fait une biopsie et une semaine, quinze jours après, j’ai eu le résultat. Un cancer.” Elle est opérée, subit dix-huit séances de chimiothérapie et entame un traitement de dix ans qui n’est évidemment pas sans conséquences. “Je me suis aperçue que je perdais beaucoup de cheveux. Une grande perte d’appétit aussi. J’ai perdu beaucoup de poids, quinze kilos.”
Louise confie qu’elle tombe alors dans une addiction au cannabis. Mais fumer lui permet d’atténuer les effets du traitement. “Cela m’a aidé à m’alimenter, ça m’ouvrait l’appétit. Mon oncologue m’avait proposé de fumer ou de faire des tisanes à base de CBD, mais je n’ai pas retrouvé l’effet du cannabis ou du shit qu’on vend sous le manteau. J’ai même essayé l’huile aussi, mais ça ne fonctionnait pas.” Elle continue donc de fumer, de la résine ou de l’herbe de cannabis mais a décidé de freiner sa consommation. “Maintenant je suis à un joint par jour, que je fume le soir pour me détendre. Je connais les risques. Je suis conductrice donc il suffit qu’on me passe une languette buccale et je sais que je serai prise.”
Louise a encore quatre années de traitement anticancéreux devant elle, sa maladie de Charcot Marie-Tooh continue de la faire souffrir. Alors elle aimerait pouvoir bénéficier d’un usage thérapeutique du cannabis contre ses douleurs et pour une consommation plus sure et encadrée par un médecin.
Publié le 03/03/2026







