Autisme : le cannabis médical pour les troubles du spectre autistique

Des chercheurs de l’université Ben Gourion du Néguev en Israël ont traités des enfants atteints d’un trouble du spectre autistique à l’aide de cannabis médical.

OlegMalyshev/iStock

Le cannabis médical, déjà bien connu dans le traitement de plusieurs maladies, pourrait également être efficace sur les troubles du spectre autistique (TSA). Des chercheurs de l’université Ben Gourion du Néguev en Israël ont réalisé une étude sur 188 enfants âgés entre 7 et 13 ans, atteints de TSA.

Les enfants ont été traités avec du cannabis à des fins médicinales pendant six mois entre 2015 et 2017, la majorité ayant utilisé de l’huile de cannabis contenant 30 % d’huile de cannabidiol (CBD) et 1,5 % de tétrahydrocannabinol (THC).

Une amélioration générale

« Globalement, plus de 80 % des parents ont signalé une amélioration significative ou modérée de l’état de leur enfant. » Explique Lihi Bar-Lev Schleider, du BGU-Soroka Clinical Institute. Les symptômes ont été évalués sur 6 mois, à l’aide de questionnaires structurés.

Après 6 mois de traitement, les patients ont signalé à 30 % une amélioration significative, 53,7 %, une amélioration modérée, et 15 % aucune amélioration, ou uniquement légère. 66,8 % ont signalé une bonne qualité de vie à la fin du traitement contre 31,3 % en début de traitement. De même, l’humeur positive s’est vu augmenter de 20 %, passant à 63,5 % en fin de traitement. L’accoutumance des enfants au cannabis n’a pas été évaluée.

Une plus grande indépendance

Près de la moitié des enfants ont accrus leur autonomie, puisqu’ils parvenaient à se doucher et s’habiller seuls, contre seulement un quart avant le traitement. Les médicaments à base d’huile de cannabis ont également amélioré le sommeil et la concentration des enfants, car seulement 3,3 % déclaraient avoir un bon sommeil avant le test, contre 24,7 % à la fin du test.

Quant à la concentration, aucun enfant ne pouvait la qualifier de bonne avant les 6 mois, mais post-traitement, ce serait près de 14 % des jeunes patients qui parvenaient à une bonne concentration.

Un résultat mitigé

Si les pourcentages augmentent considérablement post-traitement, il est regrettable que le traitement n’ait pas été comparé avec d’autres médicaments ou des placebo, diminuant la valeur des résultats. Il semblerait également qu’aucune évaluation du risque d’accoutumance n’ait été réalisée, ce qui pourrait rendre le traitement dangereux sur le long terme.

Source : pourquoidocteur.fr

Auteur: Philippe Sérié

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