En Italie, le cannabis est cultivé par des militaires

Dans la ville de Florence, des militaires sont en charge de la production de cannabis à des fins thérapeutiques.

 

Des militaires qui produisent du cannabis. L’initiative a de quoi surprendre, mais c’est pour la bonne cause. En Italie, dans la ville de Florence, une centaine de plants de cannabis poussent sous le regard de soldats : ce sont eux qui cultivent le cannabis thérapeutique disponible dans les pharmacies du pays.

“L’un de mes collègues plaisantait avec moi l’autre jour : on a passé 40 ans à essayer d’empêcher les troupes de fumer dans les casernes et maintenant c’est nous qui produisons la marchandise”, raconte le colonel Antonio Medica. Mais la mission est très sérieuse. La qualité des plants doit être irréprochable et surtout constante, car la production est destinée à des personnes malades.

Dans les serres, la température ambiante oscille entre 20 et 28°C. Les plants poussent en trois mois (contre une année en conditions naturelles à l’extérieur), dopés par un éclairage artificiel puissant et par des morceaux de Mozart censés émettre une résonance propice à leur croissance. Une fois récoltées, les feuilles sont séchées et émiettées, puis traitées aux rayons gamma pour supprimer le moindre agent pathogène.

TO GO WITH AFP STORY BY ANGUS MACKINNON - A member of the Italian Military's Cannabis Project Team works in the growing room of Marijuana and inspects pristine plant buds destined to be cut and dried into a version of the drug for medical use, on January 27, 2017 at the Chemical and Pharmaceutical institute (ICFM) in Florence. An estimated 2,000-3,000 Italians currently use medical cannabis for purposes such as relief from multiple sclerosis pain or combatting nausea after chemotherapy. Italy's guidelines also highlight its possible use for glaucoma and in helping to restore the appetite of anorexia and HIV patients. / AFP PHOTO / FILIPPO MONTEFORTE

Un militaire italien contrôlant les plants de cannabis thérapeutique à Florence (Italie), le 27 janvier 2017  AFP PHOTO / FILIPPO MONTEFORTE

 

Un produit très différent du cannabis “récréatif”

Vendus uniquement sur ordonnance, les premiers lots de cet exemple particulier de l’expertise Made in Italy viennent d’arriver dans les pharmacies transalpines. Mais attention, le produit n’est pas du tout le même que ce que l’on appelle le cannabis “récréatif”. Dans le domaine médical, ce qui compte n’est pas tant le principe actif qui fait planer les fumeurs, le THC, que les autres cannabinoïdes, en particulier le CBD, un anti-inflammatoire. Le cannabis que cultive les militaires italiens comportent donc beaucoup moins de THC et plus de CBD que ses équivalents en vente dans les rues ou même que le cannabis fabriqué aux Pays-Bas, que les médecins italiens utilisaient jusque-là.

Le colonel Medica déconseille fortement aux patients de rouler des joints à partir de cannabis thérapeutique. “Des études ont montré que la combustion dégrade les principes actifs”, explique-t-il, alors que le ministère recommande une nébulisation par aérosol.

Recommandé pour les personnes atteintes de sclérose en plaque ou du sida

Entre 2.000 et 3.000 italiens prennent du cannabis thérapeutique. Il sert à soulager la douleur des personnes atteintes de sclérose en plaques, ou la nausée de ceux qui subissent une chimiothérapie. Mais les directives du ministère de la Santé citent aussi son efficacité contre le glaucome ou pour redonner de l’appétit aux anorexiques ou aux malades du sida.

Il faut savoir que la consommation de cannabis pour raison médicale n’est autorisée que depuis 2007 en Italie, mais beaucoup de médecins hésitent à le prescrire, craignant que le dosage ou le mode d’administration ne soit pas respecté.

Le “Projet cannabis” de l’Établissement chimique et pharmaceutique militaire, un institut militaire fondé en 1853, est prévu pour répondre de manière contrôlée à cette demande croissante. Deux serres ont été installées, comptant chacune une centaine de plants, et deux autres sont prévues, pour atteindre une production de 100 kg cette année.

 

Source : www.rtl.fr

Auteur: Philippe Sérié

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